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Randonner avec son chien : nos conseils pratiques

Temps de lecture — 7 minutes

Partir randonner avec son chien, à la journée ou en itinérance (et donc faire du bivouac), vous tente ? C’est une expérience magique, qui, lorsque tout est bien organisé, vous fera vivre de merveilleux moments et renforcera votre complicité !

Pourquoi randonner avec son chien ?

Plus qu’une simple balade, partir randonner avec son chien vous demandera un minimum de préparation pour que tout se déroule au mieux. Quelques réglementations, notamment par rapport aux parcs nationaux, seront à prendre en compte. Il faudra également satisfaire les besoins de votre chien, gérer les différentes rencontres que vous serez amené à faire, veiller à sa sécurité, sa santé… afin que tout le monde profite au mieux de cette aventure !

Est-ce autorisé de randonner avec son chien dans les parcs nationaux ?

Réglementation des chiens dans les parcs nationaux

Les parcs nationaux sont des territoires d’exceptions ouverts à tous mais disposent de réglementations spécifiques afin de préserver la faune et la flore locales.

Chaque parc national dispose de sa propre charte, mais de façon générale, les chiens sont strictement interdits, même tenus en laisse ou portés, dans les cœurs de parcs (sauf exception comme les chiens de conduites de troupeaux ou chiens d’assistance, dans l’exercice de leur activité). 

Zone d’adhésion au parc

La zone d’adhésion du parc n’est pas soumise à des réglementations particulières, sauf décret ou décision locale. Elle reste donc autorisée aux chiens mais ils ne doivent pas être en état de divagation (comme sur tout le reste du territoire national).

La réglementation du bivouac en France

Petit rappel « Est considéré comme en état de divagation tout chien qui, en dehors d’une action de chasse, de la garde ou de la protection d’un troupeau, n’est plus sous la surveillance effective de son maître, se trouve hors de portée de voix de celui-ci ou de tout instrument sonore permettant son rappel, ou qui est éloigné de son propriétaire ou de la personne qui en est responsable d’une distance dépassant 100 mètres » (loi du 9 janvier 1999 relative aux animaux dangereux, errants et à la protection des animaux).

Sur le terrain, la délimitation de la zone d’adhésion et du coeur de parc est matérialisée par des drapeaux “bleu, blanc, rouge” peints sur des rochers ou des panneaux en bois. 

Vous pouvez retrouver toutes les informations concernant chaque parc national en France sur le site officiel. Ne pas hésiter à les contacter directement lorsque vous planifiez votre trek, les chiens peuvent être interdits durant certaines périodes exclusivement (estivales, périodes de reproductions notamment)

Est-ce autorisé de randonner avec son chien dans les parcs régionaux ?

Concernant les parcs régionaux, les chiens y sont tolérés en général. Chaque parc dispose de ses réglementations spécifiques, il convient donc de se renseigner directement auprès d’eux pour savoir si des mesures particulières concernent votre compagnon. Néanmoins, les réserves naturelles ou zones sensibles, qui peuvent faire partie d’un parc régional, sont habituellement strictement interdites aux chiens.

Par exemple, les chiens sont autorisés dans le parc naturel régional du Vercors mais interdits dans la réserve naturelle des haut plateaux du Vercors.

Plus d’informations

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Randonner avec son chien : comment gérer l’eau et la nourriture ?

La nourriture

Durant un trek, une bonne gestion de l’eau et de la nourriture est primordiale. Il s’agit du carburant de votre compagnon, il va très certainement fournir des efforts bien plus importants qu’au quotidien, il faudra donc lui apporter une alimentation adaptée, en quantité suffisante, de qualité, tout en favorisant des solutions appropriées à la randonnée en itinérance.

Avant de partir à l’aventure avec votre chien, il est nécessaire d’évaluer ses besoins en nourriture. Il va fournir des efforts physiques plus importants, ses besoins en énergie et sa ration journalière seront donc différents. Je n’ai pas de chiffre exact à vous fournir, mais durant un long trek je double presque la ration de mon chien, cela va dépendre de la météo, de l’intensité de l’étape etc. Je préfère prévoir un peu trop, plutôt qu’il ne manque de nourriture. Mais rien ne sert de trop sur-évaluer, après c’est à vous de porter ! 

Mais quel type de nourriture emmener ? Cela dépendra des habitudes alimentaires (croquettes, BARF, ration ménagère…) de votre chien, mais qui reste adapté au voyage en itinérance. Ainsi, les croquettes restent selon moi ce qu’il y a de plus simple à mettre en place. C’est de la nourriture déshydratée donc peu de problème niveau hygiène, conservation, transport et elles présentent un bon ratio poids/énergie.

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Pour un trek relativement court (moins d’une semaine) et selon le gabarit de votre chien, vous pouvez prévoir toute sa nourriture que vous aurez divisée en ration quotidienne par exemple. Alors en début de trek ça pique un peu niveau poids, mais cela s’allège au fil des jours et vous serez complètement autonome !

Lorsqu’il s’agit de périples plus longs, faire livrer des colis en poste restante est une bonne solution pour se ravitailler en chemin tout en gardant l’alimentation habituelle de votre chien. Ou alors vous pouvez faire le choix de vous fournir directement en animalerie, clinique vétérinaire, supermarché ou même chez l’habitant ! Me concernant, j’emporte environ une semaine d’autonomie en croquettes (ce qui correspond à environ 3kg de croquettes pour mon chien de 12 kg). Cela varie selon la qualité de la nourriture et des efforts fournis.

Je favorise les croquettes les plus riches en protéines et lipides, sans céréales et dans la mesure du possible avec une composition similaire aux croquettes précédentes pour éviter les troubles digestifs. L’idéal étant d’effectuer une petite transition entre les anciennes et les nouvelles croquettes. A noter, les croquettes “chiot” ont, souvent, des apports plus intéressants que les gammes “adulte”.

L’eau

Concernant la gestion de l’eau, cela dépendra de la région où vous randonnez, de la saison et de la présence où non de points d’eau. Ma chienne a pris l’habitude de chercher de l’eau, en effet on ne voit pas toujours les petits cours d’eau ou les sources, ça nous a été déjà très utile lorsque nous étions à sec ! Une bonne hydratation permettra à votre chien de mieux récupérer et de réduire les risques de coups de chaleur.

Il faut par contre se méfier des eaux stagnantes et flaques d’eau, surtout lors des beaux jours. Des cyanobactéries peuvent s’y développer, elles ne sont pas toujours visibles à l’œil nu et certaines d’entre elles peuvent intoxiquer mortellement votre chien. Attention également à la leptospirose, maladie grave causée par une bactérie mais dont un vaccin existe.

Finalement, la gestion de l’eau et de la nourriture de votre chien reste sensiblement la même organisation que pour nous, rien de bien compliqué si ce n’est que votre sac sera un peu plus lourd 😉

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Comment faire un bivouac avec son chien ?

Auberges et refuges : chiens interdits

Les auberges et refuges sont le plus souvent interdits aux chiens. Parfois, il est possible de faire dormir votre chien dans le hall d’entrée, mais il doit être capable de rester seul.

Bivouac avec son chien

Donc l’option la plus simple : le bivouac ! A vous de voir si vous souhaitez le faire dormir avec vous dans la tente ou à l’extérieur. 

Différents paramètres peuvent entrer en compte : gabarit du chien, météo et température extérieur, capacité à dormir dehors (froid, peur etc.).

Généralement, un chien qui passe la nuit à l’extérieur n’aura pas un sommeil aussi profond que s’il dort avec vous dans la tente. Concernant ma chienne, j’ai essayé de la faire dormir dehors ou dans l’abside, mais elle a tendance à rester en alerte et surveiller le bivouac toute la nuit, de ce fait, elle ne récupère pas correctement.

Les meilleures tentes de randonnée

En « couchage », je ne prévois rien de particulier, je laisse ma chienne s’installer là où elle se sent bien (et là où il y a de la place!), souvent au pied et lorsque les températures chutent, près de ma tête. En bivouac hivernal je veille à ce qu’elle soit bien au sec, isolée du sol, et je la couvre avec une doudoune en duvet. 

Randonner avec son chien : les rencontres avec les autres animaux

Les animaux sauvages 

Évoluant en milieu naturel, vous serez amenés à rencontrer des animaux sauvages durant votre périple. Il faudra veiller à la tranquillité des animaux, ne pas les effrayer ou les faire fuir. Empêchez votre chien de se mettre en action de chasse ou de divaguer hors sentier. 

Anticipez et gardez votre chien sous contrôle. En liberté, il doit être capable de répondre au rappel et de ne pas poursuivre un animal. Si votre rappel n’est pas impeccable, il est préférable de le garder en laisse ou en longe.

Mais votre compagnon à poils peut aussi être un très bon allier pour l’observation des animaux sauvages. Il m’est déjà arrivé de passer juste en dessous d’un troupeau de chamois, c’est en suivant le regard de mon chien que j’ai pu les apercevoir.

Les autres chiens de particuliers

Faire simplement preuve de bon sens, même comportement à adopter que lors d’une balade classique.

Attacher votre chien, ou du moins, l’avoir sous contrôle si l’autre chien est en laisse. Personnellement si le chien rencontré n’est pas attaché, je laisse le mien en libre également. Les rencontres entre chiens, correctement sociabilisés et non réactifs, se font beaucoup plus facilement lorsqu’ils sont libres de leurs mouvements. Bien souvent les accidents arrivent lorsque les chiens sont attachés. Ils ne peuvent pas communiquer correctement ou se dégager d’une situation inconfortable.

Si votre chien est réactif face à un autre chien, le rattacher, et demander à la personne en face de faire de même. De manière générale, en communiquant avec les autres propriétaires de chiens tout se passe mieux 😉

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Les chiens de protection et les troupeaux

Lorsque l’on part randonner avec son chien, on risque de rencontrer des troupeaux de moutons en pâturage, souvent accompagnés de leur chien de protection. Ce sont des chiens de travail, pas de compagnie, il ne faut donc pas les déranger, garder son chien en laisse et au pied. Dès lors que vous apercevez un chien de garde de troupeaux, contourner largement l’air de pâturage et écartez-vous calmement en adoptant une attitude passive. Ils ne sont pas dressés à l’attaque mais vont dissuader les “intrus” d’approcher leur troupeau. 

En cas de rencontre avec un chien de troupeau, il faut absolument éviter tout comportement qui pourrait être perçu comme une menace : 

  • les cris
  • l’agitation, courir
  • se diriger en ligne droite sur le troupeau ou le chien
  • lancer des pierres ou brandir ses bâtons de marche 
  • caresser les moutons 

En savoir plus

J’ai été amenée à rencontrer à plusieurs reprises des patous et kangal, cela s’est très bien passé. En général, ils vous “accompagnent” sur plusieurs centaines de mètres puis retournent à leur troupeau.

Bien souvent, des panneaux informatifs indiquent la présence d’animaux d’alpage, pensez à les repérer.

La santé du chien en randonnée

Le coup de chaleur

Attention au coup de chaleur qui peut survenir en cas de mauvaise hydratation et par temps chaud et humide. Les chiens y sont particulièrement sensibles car ne régulent leur température corporelle que par halètement. Les symptômes d’un coup de chaleur sont facilement identifiables, un halètement très très rapide, le chien peut s’agiter ou au contraire se prostrer, une forte salivation, les gencives et babines sont cyanosées, les pupilles se dilatent et des troubles neurologiques et moteurs apparaissent. En cas de fortes chaleurs donc, partez tôt le matin et faites une longue pause à l’ombre au plus chaud de la journée pour éviter tout risque, ce sera bénéfique pour tout le monde 😉

La fatigue

Observez votre chien pour identifier les signes de fatigue et écoutez-le. S’il traine dans vos pieds, s’allonge à la moindre halte, il est temps de faire une pause ! A noter qu’un chien a besoin de plus de sommeil qu’un humain (12 à 15 heures).

Certains chiens, selon leur tempérament, stimulés par leur environnement, ne montreront aucun signe de fatigue, surtout lors des premiers jours de trek. Il faudra donc lui imposer des temps de repos.

Comme nous, votre chien peut attraper des courbatures. Lors du bivouac, vous pouvez improviser une petite séance, tout en douceur, d’étirements et de massages ! 

Inspecter régulièrement votre chien pendant la randonnée

Pour partir randonner avec son chien dans de bonnes conditions, on vous conseille de faire une inspection générale tous les soirs pour prévenir les problèmes :

  • Rechercher la présence d’éventuelles tiques qu’il faudra enlever
  • Les épillets, qui font leur apparition en été, sont des épis secs qui viennent se loger dans les poils et progressent toujours vers l’avant. Il peuvent passer sous la peau et être à l’origine de lésions cutanées et d’abcès. 
  • Détecter les blessures, notamment aux pattes. Certains sols peuvent être abrasifs, et avec la distance parcourue, les coussinets peuvent s’altérer : gerçures, crevasses, présence d’un corps étranger, gelures, brûlures…
  • Veillez au bon état de ses griffes. Des griffes trop longues empêchent votre chien de marcher correctement et peuvent le blesser.

Il existe des baumes réparateurs et des produits tannants à appliquer en amont pour renforcer les coussinets de votre chien. Mais la meilleure des préparations reste l’entraînement physique, avec des sorties de plus en plus longues sur des sols variés si possible (surtout si celui-ci est un adepte du canapé).

Toujours est-il qu’afin d’éviter blessures et soucis de santé, il faudra préparer physiquement votre chien pour qu’il profite au mieux de cette randonnée avec vous. On emmène pas un chien “de salon” sur plusieurs jours de trek sans un minimum d’entraînement ! Toutefois, malgré le meilleur des entraînements, certains types de chiens auront plus de difficultés à vous suivre en trek. Prenez en compte sa morphologie, son âge, ses aptitudes, et adaptez-vous à lui, vous seul connaissez ses limites.

Quelle trousse de secours pour randonner avec son chien ?

A glisser dans votre trousse de secours (la plupart des éléments peuvent servir pour vous, comme votre chien 🙂 ) :

  • Une pince à tique
  • Du sérum physiologique (unidose)
  • Bétadine dermique (unidose)
  • Des compresses stériles
  • Un baume réparateur pour coussinet (l’huile de coco fonctionne très bien et utile pour vous également)
  • Une chaussette pour chien
  • Son passeport, avec vaccination antirabique à jour. Obligatoire pour voyager en UE avec un animal de compagnie. Possibilité de n’avoir que les pages utiles en photo.

1 commentaire pour “Randonner avec son chien : nos conseils pratiques”

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    J’ai effectué cet été le GR34 avec mon border collie et je me retrouve complètement dans tes conseils, et même tes photos, parfois j’ai l’impression que c’est mon chien Spark ^^
    Je me prépare pour partir marcher les Pyrénées (GR10), alors je cherche de bons articles avec de réels retours d’expériences. Merci encore car les conseils sont tops ! (J’avais pas pensé à l’interdiction dans les refuges).
    Pour des conseils spécifiques au sentier des douaniers GR34, voici mon article :
    https://gr34-aventure.com/faire-le-gr34-avec-un-chien-border-collie/

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