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GR® 91 – Traversée du Vercors en raquettes en hiver – 5 jours

Temps de lecture — 11 minutes

La traversée du Vercors en raquettes sur le GR® 91 est une aventure exceptionnelle en hiver, offrant une immersion totale dans les paysages enneigés et sauvages du PNR du Vercors. Étalée sur cinq jours, cette expédition traverse des forêts de pins, de grands plateaux enneigés balayés par le vent et des sommets qui offrent des vues époustouflantes. Parfait mélange entre défi physique et de quête de sérénité, cette aventure permet de découvrir la beauté brute du Vercors en hiver !

Préparer sa traversée du Vercors en raquettes en 5 jours

Infos pratiques et itinéraire

  • Durée : 5 jours
  • Distance : 55km
  • Dénivelé positif : 1250m
  • Dénivelé négatif : 1430m
  • Quand : Hiver
  • Difficulté : 3/5

Nous sommes partis avec Clément et Baptiste, deux amis, en Février 2024. Cette aventure nous l’avons planifié en autonomie totale, en transportant 5 jours de nourriture et en dormant dans des refuges non gardés. Il est possible de faire la traversée du Vercors en raquettes en 5 jours (comme nous) ou moins, selon les conditions météo !

Jour 1 – Traversée du Vercors en raquettes – De Villard-de-Lans à l’abri de Carette

Rejoindre Villard-de-Lans en bus (T64) depuis Grenoble puis Corrençon en navette gratuite

Nous avons choisi de rejoindre les hauts plateaux du Vercors en transports en commun depuis Grenoble pour faire attention à notre impact carbone lors de cette traversée du Vercors en raquettes. Nous prenons donc le T64 depuis la gare de Grenoble pour une arrivée à Villard-de-Lans à 8h40. L’office de tourisme nous a informé qu’une navette gratuite a été mise en place entre Villard-de-Lans et Corrençon-en-Vercors pour limiter l’impact des transports sur la réserve naturelle du Vercors. Ce qui est vraiment une bonne idée….sur le papier. En effet, nous déchantons en voyant la navette gratuite – entièrement vide – partir devant nous à 8h40, l’heure à laquelle arrive notre bus depuis Grenoble ! Nous nous regardons sans vraiment y croire, un peu dépités que la correspondance ne soit pas assurée avec Grenoble, la plus grosse ville des environs.

Ce qui devait être une petite journée sur notre traversée du Vercors en raquettes entre Corrençon-en-Vercors et l’abri de Carette se transforme donc en une sacré journée de randonnée. En effet, nous devons désormais marcher entre Villard-de-Lans et Corrençon-en-Vercors en plus. L’objectif de cette première journée est d’atteindre l’abri de Carette, niché au cœur du parc naturel régional du Vercors.

ndlr : Nous avons contacté l’office de tourisme de Villard-de-Lans à notre retour, en leur signalant nos déboires et en les informant sur cette correspondance impossible à avoir. Il nous ont répondu que l’horaire de cette navette ne pourrait être modifié car il dépend de cours de ski.

Cependant, il est possible de réserver le bus T67 de Villard à Corrençon (ligne TAD transport à la demande). Réservation uniquement en jour ouvré, jusqu’à la veille du départ avant 14h30 au 04 26 16 38 38 ou par email à tad38@auvergnerhonealpes.fr.

De Villard-de-Lans à Corrençon-en-Vercors

Nous mettons nos (lourds) sacs sur le dos, résignés et nous lançons dans cette première sacré journée de traversée du Vercors en raquettes. Honnêtement, le chemin est plutôt bien balisée entre Villard-de-Lans et Corrençon-en-Vercors et la balade n’est pas désagréable. Pour le moment, pas de neige à l’horizon. Les paysages s’ouvrent en se rapprochant de Corrençon-en-Vercors, offrant les premier points de vue sur les montagnes, c’est agréable !

Notre comparatif des meilleurs sacs de randonnée 2024

Nous arrivons finalement à Corrençon-en-Vercors après 2h de marche et traversons la station de ski qui nous offre un paysage lunaire : il y a juste une petite bande de neige mais des gens en combinaison de ski de partout ! Nous dénotons franchement en tenue de randonnée avec nos gros sacs à dos. Décidément, les stations de ski de moyenne altitude ne sont pas à la fête avec le dérèglement climatique.

De Corrençon-en-Vercors à l’abri de Carette

Une fois à Corrençon-en-Vercors, nous démarrons enfin l’itinéraire de notre traversée du Vercors en raquettes initialement prévu, après une petite pause casse croute. Il y a du monde sur le chemin de randonnée, beaucoup de monde. Ouf, la plupart des gens se baladent seulement pour rejoindre l’auberge de Clariant pour le gouter. Une fois engagés sur le GR® 91, nous sommes presque seuls !

Le sentier est sacrément verglacé sur cette portion, c’est bien glissant. Hélas, impossible de mettre nos raquettes car il y a encore trop peu de neige et beaucoup de zones sont caillouteuses. Nous avançons donc en faisant attention pour éviter la glissade, surtout avec le poids des sacs à dos. Heureusement, la forêt est superbe avec les rayons du soleil qui percent. Ça y est, le panneau indiquant le début de la réserve naturelle des hauts plateaux est en vue, l’aventure peut réellement commencer !

Nuit dans l’abri de Carette

Nous arrivons finalement à l’abri de Carette en début d’après-midi, sous un soleil radieux. C’est une très jolie cabane non gardée, dans un espace dégagé à l’orée des bois. La neige commence à faire une timide apparition dans le paysage. Nous rencontrons Alexandre et avec qui nous allons passer la soirée. On profite de l’après-midi pour lire, manger un bout à nouveau (ça creuse de marcher !), et couper du bois le poêle ce soir. Il n’y a pas de fontaine à proximité, nous faisons donc bouillir de la neige pour avoir de l’eau potable.

Le soleil tombe vite en hiver et la température chute rapidement, on file donc lancer le feu dans la cabane pour nous réchauffer. Nous mangeons tôt et en profitons pour faire souffler une bougie à Clément qui fête aujourd’hui ses 33 ans (bon anniversaire encore, l’ami). Ce refuge est souvent plein le weekend, ils étaient 15 à y dormir la veille, le samedi soir. Nous allons au lit tôt car nous sommes exténués par cette première journée de notre traversée du Vercors en raquettes, surtout avec le poids de nos sacs à dos. Le Vercors en hiver, ça se mérite !

Jour 2 – Traversée du Vercors en raquettes – De l’abri de Carette au refuge de la Jasse du Play

La prairie de Darbounouse

Nous nous réveillons tôt, après une bonne nuit de sommeil dans l’abri de Carette. Il flotte de l’excitation dans l’air, chacun déjeune et nos chemins se séparent avec le deux autres randonneurs. Le début de notre deuxième jour de traversée du Vercors en raquettes le long du GR® 91 nous conduit jusqu’à la prairie de Darbounouse. C’est une grande prairie typique des Hauts-Plateaux du Vercors avec une bergerie au milieu. 

À notre grande surprise, cette étendue, habituellement recouverte de neige en cette saison, se révèle dans toute sa splendeur, avec des couleur presque automnales. Nous en profitons pour manger un bout pour profiter de ce magnifique point de vue. On se croirait plus au début du printemps qu’en plein milieu de l’hiver !

L’absence de neige dans la prairie de Darbounouse en février est inquiétante mais nous permet au moins de progresser aisément sans l’usage de nos raquettes. Le décor est vraiment superbe, on se régale à randonner sur cette étendue. C’est dur d’imaginer qu’il faisait… – 31,8° il y a 3 semaines dans la plaine de Darbounouse, qui est « un trou à froid ». Décidément, notre traversée du Vercors en raquettes se fait pour le moment…sans raquettes !

Le Canyon des Erges sur le GR® 91

Peu après avoir quitté la prairie de Darbounouse, nous atteignons l’entrée du Canyon des Erges, marquant le début d’un passage nettement plus exigeant physiquement. La neige verglacée nous contraint à chausser nos raquettes à neige. L’ascension à travers le canyon est éprouvante, le dénivelé et la neige nous fatiguent. Par contre, le paysage est très sauvage, on se sent vraiment seuls au monde !

Heureusement, arrivés au sommet du canyon, nous sommes récompensés par un panorama exceptionnel sur le massif du Vercors. Nous en profitons pour nous accorder une pause picnic, en profitant du paysage. Ce moment de repos recharge nos batteries et nous repartons plus motivés que jamais pour continuer notre traversée du Vercors en raquettes !

Nous repartons ensuite pour les derniers kilomètres de cette deuxième journée de traversée du Vercors en raquettes, après une belle pause en haut du canyon des Erges. Nous nous régalons dans cette dernière portion jusqu’au refuge de la Jasse du Play à travers les plateaux enneigés du Vercors. Nous arrivons en fin d’après-midi au refuge, qui offre une vue imprenable sur les montagnes aux alentours. L’endroit est vraiment idyllique !

Nuit au refuge de la Jasse du Play

Une fois arrivé, il faut encore faire un aller-retour pour aller remplir nos gourdes pour les lyophilisés et la nuit. La fontaine du Play se situe à 15 minutes plus loin sur le GR® 91, il faut donc mettre de côté la fatigue pour faire cet aller-retour qui nous parait interminable tant on était content d’être arrivés ! La température commence à tomber et le coucher du soleil nous offre des lumières magiques sur le sommet de Pierre Blanche.

Une fois le poêle allumé, la pièce se réchauffe doucement, ce qui n’est pas pour nous déplaire car la cabane est plutôt humide et sombre. Nous mangeons notre lyophilisé, discutons un moment avec Alexandre qui est là ce soir encore avec nous et allons nous coucher tôt. En tout cas, la cabane offre un des plus beaux points de vue de notre traversée du Vercors en raquettes pour le moment !

Jour 3 – Traversée du Vercors en raquettes – Du refuge de la Jasse du Play au refuge de Pré Peyret

Le troisième jour de notre traversée du Vercors en raquettes en plein hiver commence dans l’intimité chaleureuse du refuge de la Jasse du Play. Dès l’aube, l’excitation est palpable alors que nous déjeunons et buvons un thé chaud. Ensuite, chacun prépare son sac à dos avec une routine qui commence se mettre en place et ajuste ses raquettes à neige. Le ciel, d’un bleu pur, promet une belle journée ensoleillée (encore !) mais le froid vif nous rappelle la rigueur de l’hiver en montagne.

Nous démarrons finalement en suivant le chemin parcouru la veille sur le GR® 91 pour rejoindre la fontaine du Play, dans laquelle nous faisons le plein à nouveau en prévision de cette journée de marche. L’eau y coule abondamment en ce mois de Février. Il y a donc de l »eau dans le Vercors en hiver, contrairement à l’été ou le massif souffre beaucoup de la sécheresse. Le lever du soleil nous offre un sacré spectacle et nous réchauffe rapidement, on enlève vite nos doudounes car l’effort est intense !

Le moral – comme la météo – est au beau fixe ! Nous arrivons finalement à La Chau (1620m) après une superbe traversée de plateaux et renseignons une randonneuse perdue sur le chemin. En effet, avec la neige et les traces de pas de partout il est facile de se perdre sur ces hauts plateaux du Vercors en hiver ! Nous attaquons ensuite la difficulté majeure de cette 3e journée de traversée du Vercors en raquettes, une belle ascension à 15% environ sur 1km.

Une fois arrivés en haut, nous faisons une petite pause pour que Baptiste se soigne une ampoule douloureuse. On en profite pour grignoter quelques cacahuètes et profiter des paysages incroyables tout autour de nous. Nous enchaînons ensuite par une belle descente douce très agréable, avec une vue dégagée sur les montagnes. L’heure défile et on profite d’une zone moins enneigée pour déjeuner : au menu, lyophilisé d’aligot, le grand luxe ! Finalement, le repas s’avérera un peu décevant mais heureusement le point de vue de notre spot de picnic est magique.

Nous repartons après une longue pause au soleil, bien reposés. C’est agréable de prendre le temps pendant cette traversée du Vercors en raquettes, nous sommes très contents de ces petites étapes. La neige crisse sous nos raquettes dans un rythme détendu avec cette dernière partie plus facile. Les conversations reprennent, tandis que le paysage défile, toujours aussi majestueux mais désormais plus familier. Nous arrivons finalement en fin d’après-midi à la cabane de Pré Peyret, une des plus facilement accessibles du Vercors. Pour preuve, un groupe de randonneur a même fait l’aller-retour à la journée pour venir y manger une fondue le midi (et boire quelques verres de vin blanc !).

L’arrivée au refuge de Pré Peyret est un vrai bonheur. Le refuge, niché dans ce paysage du Vercors en hiver à couper le souffle, nous accueille avec la promesse d’une soirée chaleureuse. Nous en profitons pour remplir les gourdes à la fontaine des endettés qui se situe à seulement quelques minutes du refuge Pré Peyret. La fin d’après-midi est paisible, entre discussions, rires et lecture.

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Notre comparatif des meilleures raquettes à neige 2024

Nuit au refuge de Pré Peyret

Nous serons finalement 8 à dormir à la cabane ce soir et pas moins de 4 tentes serons installées aux alentours. Décidement, la traversée du Vercors en raquettes attire des randonneurs. Heureusement, la cabane est spacieuse, il y a environ 20 places pour dormir. Par contre, pour manger c’est un peu serré ! Nous n’aurons pas froid de la nuit avec la chaleur humaine et le poêle qui chauffe bien le refuge, mieux isolé que les précédents. Nous finissons la soirée à lire au chaud dans nos duvets, quel bonheur d’être coupé des écrans et du réseau téléphonique !

Jour 4 – Traversée du Vercors en raquettes – Du refuge de Pré Peyret au refuge des Chaumailloux

Départ du Refuge de Pré Peyret

Nous nous réveillons un KO après une nuit pas très reposante avec tout ce beau monde dans le refuge, entre les ronflements, les bruits de pas et le parquet qui grince. Après un copieux petit déjeuner, nous décidons de partir sans les raquettes car la neige est peu abondante sur cette partie du GR® 91. Nous nous arrêtons de temps en temps pour admirer la vue, prendre des photos, et simplement profiter de la tranquillité du moment. La journée s’annonce la plus facile de notre traversée du Vercors en raquettes , tant en nombre de km qu’en dénivelé.

Du refuge de Pré Peyret à la bifurcation des Quatre Chemins de la Ville le GR® 91 et le GR® 93 suivent le même tracé. Ensuite, le GR® 91 part en direction de Châtillon en Diois tandis que le GR93 part en direction de la réserve biologique d’Archiane.

La faune du Vercors se fait bien discrète et ne se dévoile qu’à travers quelques empreintes dans la neige parfois…Qu’elle n’est pas notre surprise quand nous tombons sur un beau groupe de bouquetins mâles (à ne pas confondre avec les chamois !) qui mange tranquillement au soleil. La scène est incroyable, nous les observons un long moment de loin avant de repartir. Il est important de ne pas se rapprocher trop près des animaux en hiver pour ne pas les déranger en hiver car ils sont plus fragiles à cause du manque de nourriture

Les falaises tombent à pic le long du sentier, c’est franchement impressionnant. Ce grand plateau sans neige nous donne franchement envie de revenir à la belle saison pour y faire du trail !

On traverse ensuite une superbe partie en foret, avec une descente douce très agréable, l’ambiance est féerique. Nous sommes bientôt de retour dans la neige, dans une partie vraiment très sauvage du Vercors. Les hauts plateaux du Vercors enneigés s’étendent devant nous à perte de vue, on se croirait au Canada ! Cependant, la fatigue des 4 derniers jours commence à se faire sentir, nous sommes bien contents de faire une pause pour faire un picnic. On en profite pour se repérer sur notre carte IGN et étudier la suite de la journée (vous savez comment lire une carte IGN d’ailleurs ?).

Nous ne sommes plus très loin de l’embranchement où nous allons quitter le GR® 91 pour notre dernière journée de traversée du Vercors en raquettes. En effet, toujours pour limiter notre impact carbone nous avons décidé de redescendre à l’Est pour reprendre le train à la gare Mens-Clelles (qui se situe à Clelle). Ce qui nous permet également de passer la nuit dans la célèbre cabane des Chaumailloux, qui a été rénovée récemment.

Nuit au refuge des Chaumailloux

Nous reprenons la route pour les derniers petits kilomètres jusqu’au refuge des Chaumailloux. L’emplacement du refuge, au cœur des montagnes, offre un cadre spectaculaire pour la fin de cette 4e journée de notre traversée du Vercor en raquettes. Le refuge des Chaumailloux est une cabane hexagonale vraiment atypique, qui offre un lieu de repos très agréable : le refuge est très bien entretenu, avec du bois à disposition et il offre une vue à tomber par terre par les grandes vitres (en double vitrage !).

Le weekend, le refuge des Chaumailloux est pris d’assaut car il est accessible assez facilement. Il était 20 à y dormir le weekend précédent, heureusement que nous avons fait en sorte de démarrer un dimanche pour éviter la foule !

Nous passons la fin de journée à lire et à discuter avec les autres deux randonneurs qui dorment également au refuge. Cette dernière soirée au refuge des Chaumailloux est empreinte de nostalgie. En effet, nous réalisons que notre traversée du Vercors en raquettes touche à sa fin !

Jour 5 – Traversée du Vercors en raquettes – Du refuge des Chaumailloux à Clelles

Départ du refuge des Chaumailloux

Le cinquième et dernier jour de notre aventure dans le Vercors se lève, drapé dans un voile de brume dense. Le refuge des Chaumailloux s’éveille doucement dans cette atmosphère mystique, ajoutant une touche de mélancolie à notre départ. Après un petit déjeuner pris ensemble, nous rassemblons nos affaires, la nostalgie de la fin mêlée à l’excitation de cette ultime étape de notre traversée du Vercors en raquettes. La météo n’est pas engageante mais offre un panorama incroyable mystérieux !

Le monument du Pas de l’Aiguille


Le monument du Pas de l’Aiguille, surmonté d’une croix de Lorraine, rend hommage aux événements dramatiques survenus du 22 au 24 juillet 1944. Il honore 23 résistants qui furent piégés dans une grotte voisine, résistant vaillamment aux attaques incessantes de l’armée allemande pendant plus de trente heures. Dans la nuit du 23 au 24 juillet, profitant du brouillard, ils tentèrent une sortie désespérée en dévalant la pente abrupte. Huit maquisards meurent pendant cet acte héroïque, dont trois grièvement blessés qui se suicidèrent dans la grotte. Les survivants parvinrent à Mens et continuerons leur combat pour la Libération jusqu’au bout.

Le Vercors aura été un haut lieu de la résistance durant la guerre, grâce à ses falaises en faisant une forteresse naturelle difficilement accessible. Cette traversée du Vercors en raquettes est également une marche à travers l’Histoire !

Leurs noms sont immortalisés sur le mémorial : André Guigues (22 ans), Jean Moscone (19 ans), Xavier Boucard (44 ans), Gaston Nicolas (23 ans), Albert Algoud (37 ans), Martial Kauffmann (37 ans), Gilbert Galland (21 ans) et René Simiand (23 ans), tous reposant dans cette nécropole nationale – la plus petite de France.

Une plaque commémorative est également installée dans la grotte : « Passant découvre toi. Ici les 22, 23, 24 juillet 1944, 25 volontaires du maquis Vercors-Trièves, cernés de tous côtés par un ennemi très supérieur en nombre, ont tenu et lutté pendant 30 heures avec la mort pour seule issue. 7 sont tombés, 18 survivants miraculeusement réchappés mais presques tous blessés, ont continué la lutte pour la libération du Trièves et de la France« .

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Longue et raide descente vers Clelles

La descente vers Clelles s’effectue sous un ciel voilé, où le soleil peine à percer la dense couverture nuageuse. La brume, épaisse et omniprésente, transforme les paysages familiers du Vercors en scènes d’un autre monde, où chaque silhouette d’arbre, chaque contour de montagne semble appartenir à un rêve. Cette atmosphère mystique amplifie la fin de notre traversée du Vercors en raquettes, rendant chaque pas à la fois incertain et exaltant.

Nous enlevons nos raquettes en descendant car la neige n’est rapidement plus présente sur le sentier. La visibilité réduite nous force à avancer avec prudence, d’autant plus que le sentier est très raide et sacrément verglacée par endroits ! Nous faisons très attention sur certains passages car le sentier est très raide, à flanc de falaise et ça glisse franchement. Par contre, la vue plongeante sur la vallée embrumée au niveau du pas de l’Aiguille est féérique. Nous ne sommes pas mécontents d’arriver dans la forêt en contrebas, ce qui signe la fin du verglas et la dernière portion plus facile.

Nous suivons le sentier balisé jaune-vert pour rejoindre la gare de Clelles-Mens pour rentrer sur Lyon. La fin de l’aventure est proche, nous nous sentons vraiment heureux d’avoir vécu ça tous les 3 et aussi un peu triste que ça se termine ! À mesure que nous approchons de Clelles, la brume commence lentement à se dissiper, révélant par fragments la vue splendide. Nous croisons un autre monument aux morts de la résistance, on sent vraiment le fragment d’Histoire qui se déroulé dans le Vercors.

La route est franchement agréable, plutôt bien balisée et encore dans des forêts et le long d’un canal. C’est une douce transition vers notre retour à la civilisation après ces 5 jours de traversée du Vercors en raquettes en autonomie totale, en pleine nature !

L’arrivée à la gare SNCF de Clelles est teintée d’émotions contrastées : la fierté de finir ce périple, la tristesse de quitter ces paysages et la nostalgie de ces grands espaces sauvages. La gare est toute mignonne, l’ambiance qui y règne est paisible. Ainsi se conclut notre traversée du Vercors en raquettes en 5 jours, une aventure hivernale qui restera longtemps dans nos cœurs.

Merci Baptiste, merci Clément et merci le Vercors !

Conseils pratiques

  • Les températures peuvent être glaciales en hiver pendant la traversée du Vercors en raquettes, partez bien équipé avec un bon sac de couchage.
  • Certains refuges non gardés sont vite plein le weekend, arrivez tôt et essayer de partir comme nous un dimanche pour éviter la foule du samedi soir. Notamment l’abri de Carette, le refuge de Pré Peyret et le refuge de Chaumailloux qui sont facilement accessibles.
  • Les fontaines peuvent être recouverte par beaucoup de neige en hiver, repérez-les en avance sur votre itinéraire. Il est également possible de filtrer la neige ou la faire bouillir pour la rendre potable mais ça consomme rapidement le gaz du réchaud (d’ailleurs, on vous conseille ces réchauds pour la rando !).
  • Il est facile de se perdre lors de cette traversée du Vercors en raquettes, pensez bien à prendre une carte IGN, une boussole et si possible à télécharger le GPX en hors ligne.
  • Pierre Ferrolliet

    Fondateur de Toporando, je suis un amoureux des grands espaces et de la nature que j'explore chaque fois que j'en ai l'occasion !

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